La leçon précédente nous a appris que Paul était resté prisonnier à Rome pendant 2 ans ; là il rendait témoignage à tous ceux qui venaient vers lui. (Actes 28.30) et certainement aussi aux différents soldats qui, pendant ces 2 années, eurent le devoir de surveiller l’apôtre. (Actes 28.16). De plus il donna son témoignage devant Néron et tout le tribunal (Actes 27.24). C’est ainsi que l’évangile pénétra dans le palais de l’empereur, si bien qu’à la fin de son séjour Paul peut écrire aux Philippiens (4 .22) : « Tous les saints vous saluent, principalement ceux qui sont de la maison de César ». Par les épitres nous connaissons aussi un fruit du ministère de l’apôtre prisonnier : il s’agit d’Onésime, pauvre esclave d’Asie, qui s’était enfui loin de son maître Philémon, de Colosses ; Paul parle de lui comme de son enfant qu’il a engendré dans les liens » ; c’est maintenant un « fidèle et bien aimé frère » (Philémon 10.11, Colossiens 4.9).
    Dans la leçon précédente nous avons trouvé également les noms des 10 compagnons de l’apôtre Paul, qui par leurs visites et par leur séjour auprès de lui, encouragèrent l’apôtre dans ses liens ; par leur moyen il recevait aussi des gages de sympathie et d’affection de ceux parmi lesquels il avait travaillé : il peut écrire aux Philippiens : « Je suis comblé, ayant reçu d’Epaphrodite ce qui m’a été envoyé de votre part…., un parfum de bonne odeur, un sacrifice acceptable, agréable à Dieu » (4.18)

    C’est pendant cette captivité que l’apôtre écrivit les épitres à PHILEMON, aux COLOSSIENS, aux EPHESIENS et aux PHILIPPIENS. Si dans celle à Philémon il s’agit d’une espérance : « Prépare moi aussi un logement, car j’espère que, par vos prières, je vous serai donné » (v22), dans l’épitre aux Philippiens, il exprime la certitude de les revoir : « je sais que je demeurerai et que je resterai avec vous tous…. » il leur parle de son « retour » et de la confiance qu’il a d’aller les voir bientôt. (1.24-26 ; ch 2 v 24).



    Ainsi, après 4 années de captivité, dont 2 à Césarée et 2 à Rome, Paul se trouva de nouveau libre. Que fit l’apôtre pendant ce temps de liberté qui fut d’ailleurs assez court ? En écrivant aux Romains, alors qu’il ignorait encore de quelle manière il irait leur voir, il avait exprimé sa formelle intention d’aller en Espagne (15.28) Put-il alors accomplir son projets ? Mais les épitres à Timothée et à Tite, écrites après sa captivité nous apprennent avec certitude les noms de quelques endroits où il passa.

    Il se rendit en Asie mineure Visita-t-il Ephèse ? Il nous est dit simplement qu’il avait prié Timothée d’y rester lorsque lui, Paul, allait en Macédoine (1 Timothée 1.3).
    L’apôtre avait dit aux anciens d’Ephèse qu’ils ne verraient plus son visage (Actes 20) mais il passa par Milet. « J’ai laissé, dit-il, Trophime malade à Milet » (2 Timothée 4.20). il traversa la Troade, où il laissa son manteau et ses livres chez Carpus, pensant sans doute, y repasser. (2 Timothée 4.13). Dans cette tournée il visita probablement Colosses et son ami Philémon, ainsi qu’il en avait l’intention. (Philémon 22). Avec Tite, il avait visité l’île de Créte (Tite ch 1 v 5) et il se rendit en Macédoine, où nous ne pouvons douter qu’il ait vu ses chers Philippiens. Il avait été aussi à Corinthe où Eraste était demeuré (2 Timothée 4 v 20). Enfin, il se proposait de passer l’hiver à Nicopolis, ville d’Epire, contrée située à l’ouest de la Macédoine (Tite 3.12).
    L’apôtre avait revu ainsi une partie du champ de ses précédents travaux, mais les choses avaient bien changé. La ruine qu’il avait prévue (Actes 20.29-30) s’accentuait, et en Asie, où il avait tant travaillé et où tous, tant Juifs que Grecs, avaient entendu la Parole (Actes 19.10) là même, il a la douleur de devoir dire : « Tous ceux qui sont en Asie …. Se sont détournés de moi » (2 Timothée 1.15).

    Que de tristesse pour le cœur de l’apôtre !



    Paul fut remis en prison et subit une captivité beaucoup plus dure que la précédente. Comment se trouva-t-il à Rome dans les liens ? Nous l’ignorons ; mais les temps étaient bien changés. Néron s’était affranchi de toute contrainte ; rien ne réprimait plus ses mauvais instincts, et il s’abandonnait sans réserve à sa cruauté et à la dissolution la plus effrénée. A son instigation une affreuse persécution sévissait à Rome contre les chrétiens. Paul, l’ayant appris, voulut-il aller soutenir et encourager ses frères affligés, et fut-il alors saisi lui-même et jeté en prison ? on peut le supposer quand on connait son cœur généreux et brûlant d’amour pour les saints.
    Combien cette captivité différa de la première ! il n’était plus dans un logement loué mais dans une vraie prison : « J’endure des souffrances jusqu’à être lié de chaînes comme un malfaiteur » (2 Timothée 2 ;9). Si étroite et reculée était sa prison, si dispersés, sans doute, ses amis qu’Onésiphore d’Ephèse avait dû le chercher soigneusement pour le trouver. Ce n’était plus le temps où ses liens étaient connus dans tout le prétoire.

    L’apôtre n’était plus comme autrefois entouré de ses amis, et ses compagnons d’œuvre et de captivité qui adoucissaient ses liens en coopérant avec lui dans l’évangile. Eraste était demeuré à Corinth, il avait laissé Trophime malade à Milet. Il avait envoyé Tychique à Ephese, Crescens était allé en Galatie, et Tite en Dalmatie : et Démas autrefois son compagnon d’œuvre, l’avait abandonné, « ayant aimé le présent siècle ». Le vide s’était fait autour de lui. Luc, le médecin bien-aimé, seul était avec lui. Il demande à son enfant Timothée de venir le voir, avant l’hiver, précise-t-il, sentant que sa fin était proche. Ce n’était plus le temps où il avait amplement de tout : il demande son manteau pour supporter les rigueurs de l’hiver dans sa prison (2 Timothée 4.9-15, 20).
    Enfin l’apôtre comparut devant César…. Mais qui était avec Paul ? Quels amis étaient venus pour encourager par leur présence et leur sympathie le vieux chrétien, le combattant éprouvé, le prisonnier pour le Seigneur ? Personne. La crainte de l’opprobre et de la colère des hommes les avait tous retenus : « dans ma première défense, dit Paul, personne n’a été avec moi, mais tous m’ont abandonné ». Il était seul : oui, seul aux yeux des hommes, mais un ami fidèle était là : « Mais, ajoute-t-il, le Seigneur s’est tenu près de moi et m’a fortifié ». Cela lui suffisait. Quel fut le résultat de cette première défense ? Paul écrivait à Timothée : « j’ai été délivré de la gueule du lion » (2 Timothée 4.17). Mais ce n’était qu’un répit et l’apôtre le savait bien. Il écrit en terminant sa dernière lettre : « Le temps de mon départ est arrivé. J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi » (2 Timothée 4 .6-8). Il avait achevé son service, il avait rendu son témoignage devant le plus puissant monarque de l’époque. Que pouvait maintenant l’empereur, que pouvait le bourreau, sur celui qui se considérait toujours comme livré à la mort pour l’amour de Jésus, qui comptait sa vie pour néant, pourvu que son Maître fut glorifié ? Rien.


    Nous ne savons rien d’une autre comparution devant Néron, mais nous savons que « le prisonnier de Jésus-Christ » subit le martyre pour son Maître.
    La grande voix qui avait annoncé au monde païen le salut par la foi au Christ s’était tue. Mais Paul, par son exemple et par son enseignement « étant mort, parle, parle encore » (Hébreux 11.4). « Absent du corps », il est « présent avec le Seigneur » (2 Corinthiens 5.8) et attend, avec tous les autres martyrs, et aussi avec tous les croyants, le moment où Jésus reviendra en gloire.
    Oui, considérant l’issue de sa conduite, imitons sa foi ! (Lire Hébreux 13.7)


    - OUI- NON

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